Lire une partition : les nuances

Une partition ne dit pas seulement quelles notes jouer. Elle dit aussi si tu joues doux ou fort.

Fort, doux, et tout ce qu'il y a entre

Tu chuchotes un secret à l'oreille d'un copain. Puis tu appelles une copine de loin, au parc. C'est la même voix. Mais ce n'est pas le même son.

En musique, jouer doux ou fort, ça s'appelle la nuance. La partition l'écrit avec de petites lettres, sous les notes.

Ces lettres viennent de l'italien. p veut dire piano, « doux ». f veut dire forte, « fort ». Oui, comme l'instrument : le piano sait jouer doux et fort !

Entre les deux, il y a des marches. Monte l'escalier : chaque marche est un peu plus forte que la précédente.

Tu vois le m ? Il veut dire mezzo, « à moitié ». Il se met devant le p ou devant le f.

SigneIl se litCe que ça évoque
pppianissimo : « très doux »Chuchoter un secret.
ppiano : « doux »Parler tout bas, pour ne réveiller personne.
mpmezzo piano : « à moitié doux »Parler à quelqu'un assis tout près de toi.
mfmezzo forte : « à moitié fort »Parler à table, en famille.
fforte : « fort »Appeler un copain au parc.
fffortissimo : « très fort »Crier de joie quand ton équipe marque.

Sur la partition, la nuance s'écrit sous la portée. Ici, un p au début : toute la phrase se joue doux.

🎧 La première phrase d'Au clair de la lune, jouée trois fois. Les notes ne changent pas. Seule la nuance change.

Changer en chemin

Écoute une voiture qui arrive de loin. D'abord, tu l'entends à peine. Puis le bruit grandit, grandit. Elle passe devant toi. Elle repart, et le bruit diminue.

La musique aussi peut grandir petit à petit. On l'écrit avec un soufflet : deux traits qui s'ouvrent, ou qui se ferment.

  • Le soufflet qui s'ouvre, c'est le crescendo : « en grandissant ». Le son devient de plus en plus fort.
  • Le soufflet qui se ferme, c'est le decrescendo : « en diminuant ». Le son devient de plus en plus doux.

Parfois, un mot remplace le dessin. cresc. est le début de crescendo. decresc. est le début de decrescendo. Et dim. vient de diminuendo : « en diminuant », lui aussi.

Ici, le soufflet s'ouvre sous toute la phrase. Elle commence très doux, et elle finit très fort.

🎧 La voiture arrive : la phrase grandit. Puis la voiture repart : la phrase diminue.

Une nuance est relative

Voici une petite flûte et un gros trombone.

Les deux savent jouer doux et fort. La petite flûte peut jouer forte, « fort ». Le gros trombone peut jouer pianissimo, « très doux ». Mais le fort de la flûte n'est pas le fort du trombone. Le trombone est bien plus gros : son fort fait beaucoup plus de bruit.

Une nuance ne dit donc pas combien de bruit faire. Elle dit une intention : ce que le musicien veut te faire sentir. Chaque instrument le dit avec sa propre voix.

Dans les écoutes de cette page, seul le volume change. Un vrai musicien fait bien plus : il change aussi son souffle, la couleur de son son, sa façon de commencer la note. Écoute ton professeur jouer un piano et un forte : tu entendras la différence.

C'est pareil pour les mots italiens du tempo, comme allegro, « vif et joyeux ». Tu les trouves dans Le tempo et l'allure.

🎧 La même phrase, doux puis fort, à la flûte. Puis au trombone, qui la joue plus grave. Écoute bien : quel fort est le plus fort ?